L'Hadopi publie une étude qualitative sur les "Digital Natives" (15/24 ans) : perceptions et pratiques de consommation de biens culturels dématérialisés

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12/02/2013

La Haute Autorité présente les résultats de sa dernière étude qualitative sur les « Perceptions et pratiques de consommation des ‘Digital Natives’* en matière de biens culturels dématérialisés ».

La dernière vague du baromètre « Hadopi, biens culturels et usages d’Internet : pratiques et perceptions des internautes français », octobre 2012, (consultable ici) montrait que les internautes consommateurs de biens culturels de 15-24 ans déclaraient les plus forts taux d’usages illicites. La Haute Autorité a donc souhaité mener une étude spécifique sur cette population née avec Internet, afin notamment de mieux comprendre ses usages et attitudes à l’égard des biens culturels dématérialisés et son rapport au droit d’auteur, à travers une méthodologie qualitative.

 

Télécharger la synthèse de l’étude (version courte) et sa version complète (version longue).

 

Primauté à la praticité et à la gratuité

Se déclarant souvent « accros » de biens culturels (musique, films et séries notamment au sein de notre échantillon), les « Digital Natives » valorisent la praticité de la consommation en ligne (un accès partout et à tout moment), pour des offres et services qui relèvent davantage pour eux "du divertissement" que véritablement "du culturel" synonyme "d'apprentissage". S’ils distinguent assez bien les sites d’accès licites des sites illicites, les 15-24 ans restent pragmatiques, c’est la gratuité de l’accès aux œuvres qui prime sur tout autre critère de choix au sein de l’offre.

 


Une toute nouvelle génération (15-18 ans) plus respectueuse et prudente

L’analyse fait néanmoins apparaître des différences de perceptions selon la tranche d’âge : les 19-21 ans et une partie des 22-24 ans ont des attitudes décomplexées à l’égard de leurs pratiques illicites et se montrent peu respectueux des droits d’auteur. Les 15-18 ans en revanche, se montrent globalement les plus concernés par ces droits, avec un regard plus responsable concernant leurs pratiques illicites. On peut y voir l'émergence d'une génération qui s'est initiée à Internet dans un contexte de plus forte valorisation du droit d'auteur et de la création, contrairement à ses proches aînés, qui ont eu l'occasion de connaître des pratiques peu encadrées. On peut s'attendre à une consommation plus responsable à l'avenir.

 

Une gradation dans la « gravité » perçue des pratiques illicites

Tous les modes d’accès ne sont cependant pas équivalents pour eux en termes de « gravité » perçue. Le seul visionnage en ligne (streaming) s’avère peu impliquant et souvent considéré « a priori » comme licite. Le téléchargement se situe un cran au-dessus en termes de « gravité », dans la mesure où il nécessite d’enregistrer l’œuvre sur son ordinateur et implique donc davantage l’utilisateur. Enfin, la mise en ligne d’œuvres dans un but de partage est jugée bien plus « sérieuse » d’un point de vue légal. 

 

*selon l’expression de Prensky, 2001


 
Cette étude, dont la réalisation a été confiée à l’institut CSA, repose sur une méthodologie qualitative, qui permet d’analyser en profondeur et de comprendre les usages, attitudes et comportements des personnes interrogées. Cette démarche ne vise pas une représentativité statistique. Pour permettre à la fois une prise de parole individuelle, tout en bénéficiant d’une dynamique de groupe, ont été réalisés à Paris, du 6 au 13 décembre 2012, 6 « mini-groupes » de 4 à 5 participants (2 groupes par tranche d’âge pour renforcer la solidité des résultats), d’une durée de 3H.