L'Hadopi publie ses carnets de consommation #2

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16/10/2015

Dans le cadre de la mission légale d’observation, l’Hadopi a conduit pour la seconde fois une étude du volume de consommation des biens et services culturels dématérialisés sous forme de «carnets de consommation». Elle permet plus généralement de qualifier la nature de cette consommation, selon les usages et les supports utilisés.

Méthodologie et clés de lecture

 

La méthodologie employée est celle des carnets de consommation, c’est-à-dire des questionnaires en ligne à renseigner de façon quotidienne, durant 7 jours consécutifs ; chaque participant devant y noter sa consommation journalière de musique, films, séries, jeux vidéo, et livres/BD dématérialisée. 12 256 internautes âgés de 15 ans et plus ont été interrogés lors de la phase de recrutement. Au bout des 7 jours consécutifs d’enquête, 5 985 personnes avaient correctement rempli l’ensemble des carnets de consommation. Elles sont représentatives des consommateurs de biens culturels.

 

Parmi les clés de lecture précisées dans la note de présentation de l'étude, on relève le caractère déclaratif de l'étude et les quelques erreurs d'appréciation que cela peut générer, le procédé permettant la caractérisation de la licéité des usages, et les marges d'incertitudes liées à la dimension de l'échantillon. 

 

Télécharger le rapport complet // Télécharger la note de synthèse

 

 

Résultats

 

Mode d'accès : le streaming et la gratuité

L’accès en streaming est privilégié, principalement pour la musique (32 morceaux de musique écoutés en streaming en moyenne au cours de la semaine étudiée) et pour les séries TV (4,4 épisodes en moyenne). Avec toutes les précautions nécessaires à prendre pour ce genre d’étude où la saisonnalité est un facteur important pouvant fortement influencer les résultats, il est intéressant de noter que  le téléchargement semble baisser en nombre de personnes ayant choisi ce mode d’accès par rapport à 2013. Quel que soit le type d’œuvre consommé, l’accès gratuit, recouvrant des solutions licites et illicites, est majoritaire.  

Deux tiers des répondants n’achètent pas d’œuvres dématérialisées à l’unité. Près d’un consommateur sur deux déclare disposer d’un abonnement mais seulement un tiers d’entre eux le paye. Les abonnements « gratuits » recouvrent une réalité hétéroclite et révèlent une certaine confusion de la part des répondants : on y retrouve Spotify et Deezer par exemple, mais aussi YouTube ou Facebook, dont la présence d’un compte utilisateur est parfois considérée comme un « abonnement gratuit ». Un tiers de ceux qui n’ont jamais payé se disent cependant prêts à le faire.    

YouTube est la première plateforme d'accès à la musique, que ce soit traditionnellement en streaming ou en téléchargement, ce qui correspond à la pratique du "stream ripping" qui consiste à copier le contenu d'une œuvre streamée. C'est également la première plateforme d'accès déclarée pour le visionnage de films en streaming. On la retrouve également pour le téléchargement de films dans des proportions comparables à Itunes, ou pour le streaming de séries, dans des proportions similaires à M6 et Canal +.

 

Tendances sectorielles : de fortes disparités selon les biens culturels concernés 

La musique reste le type de bien culturel dématérialisé le plus consommé (en taux de pénétration comme en volume), réussissant à garder un taux d’accès licite très élevé ; YouTube, Deezer, iTunes ou encore Spotify se dégagent nettement comme supports d’accès privilégiés.

La consommation de films et de séries en streaming est majoritairement licite et marquée par le recours à la télévision de rattrapage (pour les séries principalement) et aux offres VOD (pour les films, en plus de la télévision de rattrapage). En revanche le téléchargement en demeure majoritairement illicite, essentiellement opéré depuis des sites spécialisés de téléchargement direct.

Pour la musique et les films, les œuvres citées sont pour un tiers françaises, ce qui n’est le cas que d’une minorité de séries consommées (17% en streaming, 3% en téléchargement).

Pour les livres et les bandes dessinées (2 à 3 œuvres par consommateur et par semaine, selon le mode d’accès), la consommation illicite est à peu près équivalente à la consommation licite, pourtant nettement marquée par des plateformes proposant leur propre liseuse électronique comme Amazon et son Kindle ou la Fnac et la Kobo, iTunes étant aussi très souvent cité probablement grâce à la lecture sur smartphones et tablettes. Les œuvres françaises sont surreprésentées parmi les livres consommés (40 à 46%).

Les jeux vidéo, enfin, bénéficient d’un taux de consommation licite important, porté par quelques acteurs clefs. Ils sont téléchargés soit via l’OS du support pour les jeux en mobilité (Apple store/iTunes et Google Play en tête), soit par des acteurs incontournables des jeux sur PC : les éditeurs comme EA avec Origin et la plateforme phare qu’est Steam.

 

 

Précautions de lecture 

Si cette étude fait écho à celle réalisée en 2013, les résultats doivent être rapprochés avec précaution, ces derniers pouvant être fortement impactés par le contexte (évènements culturels, sortie de blockbusters, etc.) dans lequel s’inscrit la période étudiée.

Il est par ailleurs apparu à la lecture des résultats que certains répondants avaient inclus dans « abonnement gratuit » le fait de posséder un compte gratuit sur une plateforme (exemple : compte d’utilisateur sur YouTube ou Dailymotion). Les résultats correspondants aux « abonnements gratuits » comprennent donc la possession d’un compte utilisateur non payant. Certaines plateformes peuvent se retrouver dans plusieurs catégories, par exemple :

· les plateformes qui proposent soit une offre gratuite, soit une offre payante peuvent se retrouver dans les deux catégories en fonction du type de consommation du répondant

· Les plateformes pour lesquelles la création d’un compte utilisateur est optionnel peuvent se retrouver dans la catégorie « avec abonnement » ou « sans abonnement », en fonction de la situation personnelle du répondant.